Gouvernance: la Guinée en marche vers le PGO

Dans le cadre d’un processus qui devrait conduire à l’admission de la Guinée au sein de l’initiative dite du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), l’Association des blogueurs de Guinée (Ablogui), grâce à l’appui d’Open Society for West Africa (OSIWA-Guinée) a animé hier une réunion d’information à l’intention des Organisations de la société civile (OSC). La participation et l’implication active de la société civile étant un des principes fondamentaux du PGO, cette réunion avait donc pour vocation d’associer potentiellement tout le monde au processus en cours. Quant aux enjeux et bénéfices escomptés, ils sont d’autant plus inestimables qu’ils se déclinent en termes de transparence, de bonne gouvernance, de redevabilité, d’ouverture (accès) des données publiques, en vue de l’efficacité de l’action publique.

Le processus a commencé avec une lettre que le président Alpha Condé a adressée en décembre dernier au président François Hollande, à l’époque, co-président au nom de la France du PGO. Lettre en vertu de laquelle le chef de l’Etat guinéen sollicitait l’admission de son pays à cette initiative qui couvre désormais pas moins de 75 pays. De cette requête à nos jours, la Guinée a notamment pris part à l’atelier francophone du PGO, le 2 juin dernier à Ouagadougou. Entre temps, sur la base des quatre principaux critères (transparence budgétaire, accès à l’information, déclaration de patrimoine, engagement citoyen) pris en compte, la Guinée a été évaluée pour juger de son admissibilité au PGO. De cette évaluation résultant de données fournies par des organismes spécialisés et distincts, la Guinée totalise 8 des 12 points requis pour être éligible.

En gros, par rapport au critère de l’accès à l’information, la disponibilité des dispositions juridiques confère au pays 4 points. En ce qui concerne la déclaration du patrimoine, la disponibilité de la loi permet à la Guinée d’engranger 2 points sur les 4 possibles. Enfin, par rapport à l’engagement citoyen, le pays obtient également 2 autres points. Du coup, les observateurs pensent qu’en agissant quelque peu sur la transparence budgétaire, le pays pourrait réunir le total de points requis pour être éligible. D’autant qu’il suffirait de faire en sorte que certains acquis en la matière soit pris en compte par l’organisme dont les données servent d’indicateurs.

Bénéficiant de l’accompagnement de nombreux partenaires dont les ambassades de France et du Royaume uni et de l’Agence française de développement (AFD), en plus d’OSIWA-Guinée, la potentielle adhésion au PGO n’est ni un gadget politico-diplomatique, ni une vue de l’esprit. Dans le sens où, selon Fodé Sanikayi Kouyaté, le président de l’Ablogui, l’initiative favorise « la lutte contre la corruption et améliore l’efficacité de la gouvernance à travers le numérique », le citoyen ordinaire devrait en constater les effets concrets dans sa vie de tous les jours.

Abdourahmane Sano, le président de la Plateforme des citoyens unis pour le développement (PCUD), partenaire stratégique du processus, de son côté, met en exergue l’opportunité que le PGO offre quant à l’appréciation de « l’utilisation qui est faite des ressources publiques quant aux attentes des populations ». Plus globalement, il pense que la transparence et la bonne gouvernance qui demeurent des objectifs ultimes pour le PGO sont des valeurs que la Guinée aurait intérêt à adopter en ce sens que cela pourrait non seulement attirer des investisseurs, mais aussi améliorer les rapports avec les partenaires au développement. Sauf que pour y arriver, il y a une exigence de taille : favoriser la collaboration entre l’Etat et la société civile, en vue d’une co-construction des politiques. Du point de vue d’Abdourahmane Sano, cette exigence est plutôt une aubaine, dans la mesure où elle permet de « sortir des clichés qui veulent que la société civile soit toujours opposée aux gouvernants ou que les gouvernants soient toujours méfiants vis-à-vis de la société civile ».

Justement, dans cette optique Ablogui propose un cadre de concertation à l’intérieur duquel la société civile et l’Etat guinéen, travaillant la main dans la main, aideraient à faire aboutir l’adhésion de la Guinée au PGO et au-delà, à travers notamment l’adoption d’un Plan d’action national (PAN), améliorer substantiellement la gouvernance, au bénéfice du pays et de ses habitants.

Boubacar Sanso Barry

Source: http://www.ledjely.com/

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